A mesure qu’il approche l’hypercentre, le Railway Path rencontre de nombreux obstacles, routes à fort trafic et voies ferrés se présentent sur le chemin, à l’image des voies rapides qu’il fallait franchir pour entrer dans l’agglomération. Ces infrastructures font état d’un second système de contournement, cette fois au contact du centre-ville. Cette observation permet de déduire que la ville, constituée d’un noyau puis d’une périphérie, est discontinue. Les limites urbaines sont nettes : on traverse des routes d’abord à l’interface entre le noyau et la périphérie, puis à l’interface entre la périphérie et le monde rural. Ces ruptures sont franchies par-dessous, sous les ponts, de manière peu spectaculaire. Situé en contrebas, le chemin est comme ignoré par la ville qui lui offre un décor d’arrière-cour d’usine et d’espaces logistiques. Le centre est en effet entouré d’une couche industrielle, la densité de population va paradoxalement décroître à mesure que l’on avance, et que l’espace perd sa vocation résidentielle. La présence humaine est tout même signalée par les quelques références à l’actualité que l’on peut apercevoir : stickers politiques dans le contexte du mouvement kill the bill et drapeau anglais à l’occasion de l’euro de football. Cela participe à la fabrication de la ville et rompt avec l’atmosphère désertique du lieu. Juste après que le premier immeuble de logement collectif soit apparu, le chemin se dilate enfin pour former un large parc, à l’image d’un fleuve qui trouverait son exutoire en se métamorphosant en estuaire. La piste cyclable continu au-delà, mais est désormais inscrite sur le réseau viaire : c’est la fin du site propre.
Le rapport à la ville change soudainement, car un rééquilibrage spatial intervient. Le piéton ne bénéficie plus l’intégralité de l’espace et voit une grande partie de son bien lui être retiré au profit de l’automobiliste.
Un dernier carrefour à très fort trafic oblige une traversée souterraine puis on atteint le castle park. Ce parc est une barrière protectrice, un espace tampon qui permet une transition douce entre la zone de service bruyante préalable à la zone de loisirs et de consommation que constitue l’hypercentre. L’itinéraire cyclable est toujours présent, mais le national cycle network est maintenant noyé dans le réseau local : on ne devine plus, en ce point que l’on se trouve sur le chemin de Bath. À l’extrémité d’une vaste esplanade piétonne, la caméra atteint des gradins orientés vers l’eau, dont l’étendue interrompt visuellement le chemin et conclut le film.
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